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	<title>Histoire de la migration marocaine - FH2MRE | Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l'Etranger</title>
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	<description>Fondation Hassan II - FH2 pour les MRE est une institution à but non lucratif, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle a pour objet d’œuvrer pour le maintien des liens fondamentaux que les Marocains résidant à l’étranger entretiennent avec leur patrie</description>
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	<title>Histoire de la migration marocaine - FH2MRE | Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l'Etranger</title>
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		<title>Article 17 : LES ANNEES 2000 &#8211; Mobilité Sud-Sud et migration internationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2021 12:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au cours de la décennie 2000, la migration clandestine s’est installée pour de bon. La porte de l’Europe, défoncée par les premiers migrants irréguliers pendant...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au cours de la décennie 2000, la migration clandestine s’est installée pour de bon. La porte de l’Europe, défoncée par les premiers migrants irréguliers pendant les années 90, a connu une plus grande affluence avec une diversification des voies d’accès. A côté des boat-peoples, des enfants mineurs allaient explorer des voies nouvelles telles que les bateaux de voyageurs, les cargos et les semi-remorques de transport TIR…Pour les moins jeunes, les visas touristiques, d’étude et de travail à durée déterminée (CDD) allaient être utilisés pour l’accès aux différents pays européens. Selon certaines études, ces dernières voies régulières seraient celles qui étaient empruntées par la majorité des migrants devenus clandestins<sup>1</sup> après expiration de leur visa.</p>
<p>Mais ce n’étaient pas les marocains seuls qui ont opté pour cette forme de migration. D’autres nationalités venues parfois des profondeurs de l’Afrique s’y sont investis avec force. Les itinéraires des embarcations de fortune se sont multipliés et diversifiés s’étalant de la côte atlantique à partir du Sénégal jusqu’à la Tunisie en Méditerranée. Les flux migratoires venus de loin n’ont pas toujours emprunté les voies maritimes dans un voyage direct vers l’Europe. Le plus grand nombre d’Africains a suivi la voie terrestre traversant le grand désert vers les pays de l’Afrique du Nord dont l’Algérie puis le Maroc, dans une première étape, et l’Espagne dans une seconde étape.</p>
<p>Dans cette ruée effrénée à la migration vers les pays de l’Union, le Maroc devint « un pays de transit » où se rencontraient les différentes nationalités africaines se regroupant dans les quartiers périphériques, voir les bois et espaces reculés des villes marocaines. Des organisations mafieuses transnationales s’y sont investis et l’activité s’est avérée juteuse. L’Algérie, ayant la plus grande frontière avec l’Afrique Sub-saharienne et la plus perméable, en recevait le plus grand nombre. Si une partie de ces migrants était refoulée vers le Mali ou le Niger, une grande partie « passait par Ghardaïa, Maghnia et Béni Drar pour pénétrer la frontière marocaine au niveau d’Ahfir, Berkan, Zaïo, puis Selouan et Nador »<sup>2</sup>  .  Ainsi « le principal point d’accès de ces migrants sub-sahariens au Maroc était la frontière avec l’Algérie (59,8%) »<sup>3</sup> . Leur objectif premier étant d’accéder aux deux présides « espagnols » de Ceuta et Melilla, ou de prendre les Pateras à partir des côtes marocaines.</p>
<p>Face aux soubresauts de cette « engouement migratoire » tout au long de sa côte Sud, l’UE va réagir par la création de l’Agence Frontex<sup>4</sup> destinée à surveiller les frontières extérieures de l’Union, notamment les frontières maritimes. Elle déploie, à cet effet, des moyens humains, matériels et technologiques de détection et de l’interception de toute embarcation étrangère tentant de jeter les amarres clandestinement sur sa côte. Le nombre des embarcations interceptées « sont passés de 4 en 1991, année de la signature de la convention d’application des accords de Schengen, à 1020 en 2002 »<sup>5</sup>.  Tandis que le nombre des détenus à bord de ces embarcations est passé de 477 en 1991 à 19 126 en 2001 et 19 000 en 2002. Ainsi l’affluence était telle que les barrières européennes se trouvaient dépassées.</p>
<p>Ceux qui ne réussissaient pas cette traversée restaient au Maroc. Leur nombre était imprécis, en raison vraisemblablement de leur instabilité sur le territoire national et de la dynamique continuelle des entrées et des sorties du Maroc. L’estimation du stock de ces migrants séjournant au Maroc retenue par les experts de la Commission Européenne en 2002 était de 15 000 personnes<sup>6</sup>.</p>
<p>C’est dire que la migration clandestine à partir des côtes marocaines n’était pas l’exclusivité de nos ressortissants. Ces derniers étaient même minoritaires par rapport à la population sub-saharienne appartenant à « une quarantaine de nationalités différentes »<sup>7</sup>. Et c’est ainsi que le Maroc était devenu progressivement : une halte d’étape dans le périple africain vers l’Europe, puis un pays de transit plus ou moins long et enfin, un pays d’installation définitive.</p>
<p>En vue de freiner ces flux irréguliers, l’UE a envisagé la mise en place d’un « PARTENARIAT EURO-AFRICAIN POUR LA MIGRATION ET LE DEVELOPPEMENT ». Elle y est allée en deux temps. Elle a d’abord organisé une série de conférences préparatoires à Dakar au Sénégal et puis une grande conférence finale, les 10 et 11 juillet 2006 à Rabat. Cette rencontre avait regroupé 57 Etats partenaires (28 africains et 29 européens) 2 organisations partenaires et 10 observateurs. Elle avait abouti à la Déclaration dite de Rabat<sup>8</sup>. Cette dernière a consacré le principe de « la gestion commune des flux migratoires » et de « la promotion du co-développement » entre les pays de l’UE et les pays africains.</p>
<p>La Déclaration et les mesures qui l’ont suivie, désignées sous le terme « Processus de Rabat », ont réduit d’une manière drastique les flux migratoires irréguliers à partir de la côte marocaine. La crise de l’immobilier intervenue un an plus tard (en 2007) en Espagne, en Italie puis dans d’autres pays européens, a découragé cet élan migratoire et renforcé la tendance baissière de cette migration comme en témoignent les statistiques de Frontex. Elles ont mis en évidence une forte diminution de ces flux au niveau du corridor « Espagne », contrairement aux autres corridors, : Grèce, Malte et Italie<sup>9</sup> et ce, durant les dix années qui ont suivi la mise en œuvre dudit Processus. Ainsi le succès était plus accessible dans l’action conjointe et solidaire.</p>
<p class="code">Article 17</p>
<p class="author">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre">
<sup>1</sup>Mohamed KHACHANI « La question migratoire au Maroc ». Ed. 2019, page 85.<br />
<sup>2</sup>AMERM « L’immigration sub-saharienne au Maroc : Analyse socio-économique » juin 2008 p. 37 &#038; 39<br />
<sup>3</sup>Idem p. 37<br />
<sup>4</sup>Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a été créée en 2004 pour aider les États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen à protéger les frontières extérieures de l’espace de libre circulation de l’UE &#8211; <a href="https://frontex.europa.eu/fr/qui-sommes-nous/qu-est-ce-que-frontex-/" target="_blank" rel="noopener">Lien 1</a><br />
<sup>5</sup>M. KHACHANI « La question migratoire au Maroc » Ed. 2019 p. 85. »<br />
<sup>6</sup>Mehdi LAHLOU « Vois des migrations sub-sahariennes « p447 » Mission d’identification au Maroc » menée entre les mois de juillet et d’octobre 2002 dans le cadre du programme Meda-Maroc<br />
<sup>7</sup>AMERM Idem que ci-dessus p. 19<br />
<sup>8</sup><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/00_decla_rabat.pdf" target="_blank" rel="noopener">Lien 2 &#8211; PDF</a><br />
<sup>9</sup>Mohamed KHACHANI « La question migratoire au Maroc » Edition 2019 p 86
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			</item>
		<item>
		<title>Article 16 : LES MIGRATIONS DANS LES ANNEES 2000 &#8211; Migration des compétences et migration de la femme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2021 01:41:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme vu dans l’article précèdent, les années 2000 se sont vite différenciées des années 90 du siècle passé. Les perturbations climatiques notamment en Afrique, les conflits armés et les crises économiques ont déstabilisé des communautés entières et ont provoqué, dans les années 2000, des déplacements de population sur une grande échelle. L’usage généralisé des moyens de communications réels et virtuels tels que le téléphone cellulaire, l’internet, le transport aérien Low-cost, les cartes monétiques… ont favorisé une accélération rapide de ses mouvements.<br />
Au Maroc trois flux migratoires vont connaitre une dynamique particulière en ce début de millénaire : l’émigration des cerveaux, l’émigration des femmes seules et l’immigration africaine et européenne.</p>
<p>Concernant l’émigration des cerveaux, alors que seule une partie des étudiants marocains dans les universités occidentales s’installaient à l’étranger, les années 2000 ont inauguré le départ de flux de compétences à partir du Maroc. Il s’agit des lauréats des grandes écoles et des cadres scientifiques marocains. Trois facteurs ont participé à l’engagement de ce flux : le « Bug 2000 », la mise en place par les différents pays de l’OCDE d’un dispositif dit de « la migration choisie » et le chômage élevé des lauréats des universités marocaines.</p>
<p>S’agissant du Bug 2000, l’initiative de l’émigration dans ce cadre était prise par les pays de l’Union Européenne et les pays développés. En effet et dans une action préventive des risques encourus par « les gros systèmes » informatiques dans leur passage du deuxième au troisième millénaire, les pays du Nord se sont retournés vers les pays du Sud, dont le Maroc, pour recruter les ingénieurs informaticiens. L’objectif était d’accompagner leurs institutions et leurs entreprises dans la reprogrammation des « gros systèmes », configurés initialement sur les années 1900 pour leur faciliter l’entrée en l’an 2000. Au Maroc des promotions toutes entières des écoles d’ingénieurs en informatique auraient été recrutées. Les cabinets internationaux spécialisés dans les « Ressources Humaines », les entreprises de recrutement en ligne type StepStone<sup>1</sup>, voire même les filiales de sociétés européennes installées au Maroc, tous servaient de « chasseurs de têtes » et d’expatriation des compétences marocaines dans ce domaine.</p>
<p>Cette opération à caractère ponctuelle, menée la veille de l’an 2000, a permis à nos compétences, toutes formations confondues, de découvrir les opportunités de placement sur le marché international de l’emploi. Elle a aussi permis aux entités publiques et privées des pays occidentaux de bien apprécier les capacités et la bonne formation de nos cadres.</p>
<p>Au niveau de ces pays et en vue d’accélérer l’immigration de personnes hautement qualifiées, des dispositions favorables ont été prises en matière d’octroi de visas, de facilités d’installation, d’obtention de la carte de séjour (vertes, bleues…selon le pays) avec des possibilités de renouvellement automatique. Ces dispositions ont été communiquées sur les sites de recrutement et notamment ceux des chancelleries diplomatiques. Il s’agit bien d’une démarche de « Braine Drain » (drainage des cerveaux) pour combler le déficit en matière grise des pays développés.</p>
<p>Au Maroc, cette évolution va ouvrir la voie à un flux migratoire nouveau et qualitativement différent de ses prédécesseurs. Il se distingue, outre la qualification de ses auteurs, par son caractère régulier certes mais aussi atomisé et disséminé à travers les pays développés. Il était donc difficile d’en assurer un suivi et d’en avoir une évaluation exacte.</p>
<p>Devant l’imprécision des statistiques, l’ampleur du flux annuel était qualifiée par certains organes de presse, d’hémorragie de compétences et de fuite de cerveaux alarmant<sup>2</sup>. Les statistiques de l’OCDE ont fait état « en 2001 du chiffre de 200 000 résidants marocains dans les pays membres ayant un niveau universitaire et de 425 000 personnes en 2011 »<sup>3</sup> . C’est dire, qu’environ 225 000 compétences marocaines nouvelles se seraient installées à l’étranger durant la décennie 2000.</p>
<p>En dépit des controverses autour de la question, il est clair que cette migration des compétences relevait du libre choix des intéressés et répondait à une rationalité et à des objectifs logiques : un revenu plus élevé, une bonne perspective de carrière, un milieu de travail motivant et une qualité de vie meilleure.</p>
<p>L’étude menée par le HCP en 2005<sup>5</sup> a révélé que l’emprunte culturelle intériorisée par le migrant au départ, ne tardait pas à prendre les devants avec l’âge, l’incitant au retour au Maroc. En effet, 64 % d’entre eux selon cette étude souhaiteraient réussir ce retour d’une manière définitive, ponctuelle ou virtuelle.</p>
<p>Ce cercle vertueux, d’aller-retour, serait de nature salutaire et enrichissante pour notre pays. Il serait salutaire au départ parce qu’il permet de soulager le trop plein d’universitaires qui n’ont pu être absorbés par le marché intérieur de l’emploi. (le taux de chômage pour cette catégorie est le plus élevé de tous : entre 18 et 23% durant la décennie 2000). Il serait enrichissant car le retour virtuel ou réel de ces diplômés expérimentés, pourrait être un accélérateur de développement au Maroc par le transfert de technologie qu’il peut assurer et par la dynamisation des flux d’échanges qu’il peut favoriser.</p>
<p>S’agissant de la migration féminine, elle s’est opérée dans le sillage de l’expatriation des compétences, pour la femme instruite, et suite à la mise en œuvre par l’ANAPEC du concept de «la migration circulaire » de la main-d’œuvre agricole pour la cueillette de la fraise en Espagne. Ces deux événements ont donné l’élan à un nouveau flux migratoire : celui de la femme seule. Il a pris forme à partir de l’an 2000, comme alternative à la migration sédentaire, et s’est confirmé tout au long de la décennie. C’est ainsi que jeune fille étudiante, diplômée, femme cadre, infirmière, agent commerciale, nurse, domestique ou ouvrière agricole, ont pris la voie de l’étranger. La femme marocaine qui émigrait avec son mari prenait désormais l’initiative de la migration solitaire.</p>
<p>Indépendamment de ces facteurs exogènes d’autres facteurs endogènes, cette fois-ci ont joué dans ce sens : la situation du marché de l’emploi, le retard de l’âge de mariage et l’accessibilité de l’Internet aux différentes couches de la population ont participé à cette dynamique. Néanmoins un autre facteur aurait été important dans l’accélération de cette tendance. Ce fut le vent de liberté et d’égalité en faveur de la femme, insufflé par la nouvelle législation marocaine à travers la révision du code de la famille, du code de travail et du code de la nationalité<sup>6</sup>. L’entrée en vigueur de ces réformes ainsi que les débats qui les ont précédées et/ou accompagnées ont participé à l’éclosion d’un sentiment d’émancipation et d’indépendance chez la femme marocaine, libérant son choix pour une mobilité transnationale autonome.</p>
<p>C’est ainsi que la proportion des femmes par rapport à la totalité des migrants en Europe a dépassé les 45% en 2010 (47.6 % pour la France et l’Angleterre) et que 30% des femmes migrantes en Italie, pays de migration récente, étaient des migrantes célibataires<sup>7</sup>.</p>
<p>Ces nouveaux flux d’émigration marocaine des compétences et des femmes seules, s’est inséré dans la mouvance générale transnationale des personnes. Ils étaient fortement accélérés par l’ouverture économique du Maroc mais aussi par le niveau de maturation technique et socio-économique atteint par les jeunes générations et qui leur ont permis de chevaucher la vague déferlante de la mondialisation. D’ailleurs, ce n’était pas l’Europe seule qui a été ciblée mais toutes les régions du monde susceptibles d’offrir des opportunités de travail qualifié telles que : Canada, USA, Turquie, Russie, Chine, Pays du Golf, Malaisie, Indonésie, Australie et même les pays africains. Il semble bien que l’accroissement du niveau de développement du pays et de la formation technique et scientifique donnent des ailes aux citoyens.</p>
<p class="code">Article 16</p>
<p class="author" style="text-align: right;">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre"><sup>1</sup> <a href="https://www.google.com/search?q=stepstone&amp;rlz=1C1SQJL_frMA878MA878&amp;oq=stepstone&amp;aqs=chrome..69i57j0l6j5i44.12571j0j15&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8" target="_blank" rel="noopener">Lien google</a><br />
<sup>2</sup> <a href="https://www.cfcim.org/magazine/57430" target="_blank" rel="noopener">cfcim.org</a><br />
<sup>3</sup> Med. KHACHANI « La question migratoire au Maroc » Ed. 2019 p. 71, d’après la revue de l’OCDE « Talents à l’Etranger … » Ed. OCDE 2016 p.18.<br />
<sup>4</sup> HCP-CERED, « l’Enquête sur l’Insertion Socio-économique des MRE dans les pays d’accueil, 2005 ».<br />
<sup>5</sup> <a href="HCP https://www.hcp.ma/Situation-de-l-emploi-et-du-chomage-au-Maroc-et-ses-determinants-structurels-et-politiques-dans-un-contexte-de_a617.html target=">HCP</a><br />
<sup>6</sup> Med KHACHANI « Genre et migration au Maroc » 2011 p.6.<br />
<sup>7</sup> Idem p.2.</div><p>The post <a href="https://www.fh2mre.ma/fondation/histoire-de-la-migration-marocaine/les-migrations-dans-les-annees-2000-migration-des-competences-et-migration-de-la-femme/">Article 16 : LES MIGRATIONS DANS LES ANNEES 2000 – Migration des compétences et migration de la femme</a> first appeared on <a href="https://www.fh2mre.ma">FH2MRE | Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l'Etranger</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Article 15 : ANNEES 2000 &#8211; Les grandes ruptures</title>
		<link>https://www.fh2mre.ma/fondation/histoire-de-la-migration-marocaine/annees-2000-les-grandes-ruptures/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=annees-2000-les-grandes-ruptures</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2021 15:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décennie 90 s’est terminée avec le décès du Roi Hassan II (juillet 1999). Controversé et adulé de son vivant, le Roi défunt était regretté...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La décennie 90 s’est terminée avec le décès du Roi Hassan II (juillet 1999). Controversé et adulé de son vivant, le Roi défunt était regretté à sa mort par la population marocaine à l’intérieur comme à l’extérieur du Maroc. Ses réalisations 38 ans durant, sa forte personnalité, sa grande culture et son charisme sont vite revenus au-devant de la scène. Le deuil était à sa mesure. Ses funérailles rassemblant les plus grands chefs d’Etat venus des quatre coins du Monde ont constitué un motif de fierté pour les Marocains et d’admiration pour la personne du défunt. Il a bénéficié d’un hommage particulier de la part de ses pairs toute obédience confondue. Le dernier Adieu accompli par le peuple marocain dans le calme et la dignité a transmis un signal fort au reste du monde : le Maroc est un pays stable évoluant en parfaite symbiose entre Roi et Peuple. Auparavant, les analystes et les chancelleries exprimaient une forte circonspection quant à la pérennité de l’Etat et du régime marocain. La preuve du contraire était irréfutable.</p>
<p>Concernant les Marocains Résidant à l’Etranger, la fluidité, la célérité et le ton apaisé qui ont dominé l’interrègne et le passage du pouvoir entre le Roi défunt et le Prince Héritier dans la cérémonie d’allégeance, étaient arborés comme un grand motif de satisfaction par bon nombre d’entre eux. Ils étaient heureux d’appartenir à un pays « civilisé où l’on ne s’entretue pas pour le pouvoir ». Le Maroc est désormais perçu comme un havre de paix et de sérénité. Autant la mort est déchirante autant celle-ci a révélé un capital de communion et d’union patriotique chez les marocains. Une page de l’histoire a été tournée, commençait alors une autre page vierge.<br />
Le lendemain, un jour nouveau s’était levé sur le Maroc. La jeunesse du Roi Mohammed VI, son allure souriant, accessible, magnanime avec les plus défavorisés, déterminé en faveur du changement et de la liberté ont nourri un fort espoir chez la jeunesse marocaine. Cette dernière va jouer un rôle capital dans la dynamique qui s’en est suivie, y compris dans l’activité migratoire, comme nous allons le voir plus loin.</p>
<p>Si cette rupture a marqué le passage du Maroc au 3ème millénaire, d’autres ruptures l’ont accompagné à l’échelle mondiale. Les effets désormais visibles et quantifiés du réchauffement climatique, les guerres un peu partout, les inventions technologiques des années 90 et plus tard les crises économiques vont perturber la stabilité des Hommes dans les différents continents donnant lieu une migration débridée à travers le globe. Des vagues humaines successives vont perturber les règles du jeu des relations internationales et malmener dans certains cas les conventions des Nations Unies qui ont géré jusqu’ici le déplacement transnational des personnes.</p>
<p>Les concepts de Nation, de frontières politiques ou naturelles et d’exclusivité culturelle commencèrent à être érodés par ces déplacements massifs transcendant les frontières. Les nouvelles technologies de communication ont servi de moyens d’information dans le périple des migrants allant dans toutes les directions : Est-Ouest (philippins, Afgans, Indous, Chinois, Iraniens, Irakiens…), Sud-Nord (Africains du Nord, Sub-sahariens et latinos-américains) et inversement (Européens et américains en Chine, aux pays du Sud-Est asiatique aux pays du Golf, ou au Maroc…). L’opportunité de vivre mieux ou de s’enrichir déracinèrent les Hommes. Et l’on perçoit, par ces migrations croisées à grande échelle, les balbutiements d’une universalité en devenir, forçant l’évolution de l’humanité toute entière vers une société cosmopolite mondialisée.</p>
<p>Ainsi l’Histoire qui semblait évoluer d’une manière linéaire avançait plutôt dans une trajectoire brisée. La décennie 2000 n’était pas la continuité des années 1990. Elle a eu sa propre personnalité son propre caché. Le deuxième cinquantenaire du siècle dernier constituait l’ère poste colonial pour les pays du Sud et l’ère post guerre mondiale pour ceux du Nord. L’humanité y a été gérée conformément aux conventions des Nations Unis établies au lendemain de la guerre (1945). A partir de l’an 2000, les changements vont donner au nouveau millénaire une emprunte nouvelle caractérisée par des défis et des ambitions divergents entre un vieux monde encore fort mais vieillissant et un nouveau monde jeune en éveil. La recherche d’un nouvel ordre planétaire se trouve alors engagé pour le meilleur et pour le pire.</p>
<p>Au Maroc, les évènements intérieurs et extérieurs se sont ralliés pour créer un environnement nouveau et un cadre différencié de la vie publique, caractérisée par « une grande ouverture sur le monde extérieur ». Concomitamment à cette évolution, le Maroc, découvert au niveau international comme un pays stable, crédible et propice à l’investissement, devint vite attractif. Aussi a-t-il inauguré durant la décennie de grands projets économiques structurants, favorisant le développement rapide des investissements extérieurs et vivre en même temps, une dynamique migratoire jusque-là inconnue, voire même insoupçonnée. Il s’agissait d’abord de l’émigration marocaine des cadres qualifiés et de celle des femmes seules, ensuite de l’immigration irrégulière Sud-Sud de transit et d’installation, effectuée par une population africaine sub-saharienne et enfin, d’une immigration Nord-Sud d’européens. Il s’agit d’expatriés accompagnant l’investissement international, de retraités cherchant une fin de vie meilleure au Maroc, de personnalités richissimes en quête « d’exotisme oriental » ou simplement de faux touristes travaillant dans la clandestinité.</p>
<p>Cette mobilité tous azimuts va interagir pour mettre en gestation des réformes juridiques et institutionnelles et favoriser une approche nouvelle de politique migratoire nationale. Une partie de ces réformes verra le jour dans la décennie suivante (à partir de 2013). Et c’est ainsi que la mobilité humaine aura contribué à tracer progressivement durant ces années les traits d’une nouvelle réalité marocaine dans les domaines diplomatique, politique, économique et sociale.</p>
<p class="code">Article 15</p>
<p class="author">Abdesselam EL FTOUH</p><p>The post <a href="https://www.fh2mre.ma/fondation/histoire-de-la-migration-marocaine/annees-2000-les-grandes-ruptures/">Article 15 : ANNEES 2000 – Les grandes ruptures</a> first appeared on <a href="https://www.fh2mre.ma">FH2MRE | Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l'Etranger</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Article 14 : Décennie 90 &#8211; La migration clandestine &#8211; Processus et déroulement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Dec 2020 15:46:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 1er Janvier 1986 l’Espagne comme le Portugal intégraient la Communauté Economique Européenne. A ce titre, l’Espagne seule a bénéficié d’aides européennes multiples dont l’aide...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 1er Janvier 1986 l’Espagne comme le Portugal intégraient la Communauté Economique Européenne. A ce titre, l’Espagne seule a bénéficié d’aides européennes multiples dont l’aide au développement agricole. Neuf (9) milliards d’écus<sup>1</sup> lui ont été versés entre 1988 et 1993<sup>2</sup>. Ils étaient destinés exclusivement au développement des régions agricoles en retard (principalement l’Andalousie). C’est ainsi qu’une nouvelle activité agricole vit le jour en Espagne. Elle a été créée de toutes pièces par la CEE dans les régions arides du pays. L’accès direct au marché européen des produits de cette agriculture, lui a permis de croitre à un rythme extrêmement rapide à telle enseigne que les régions concernées se sont trouvées vite confrontées à un déficit de main d’œuvre.</p>
<p>Historiquement le Maroc comptait trois bassins migratoires traditionnels : Sous-Massa-Deraa, Tafilalet et le Rif. Tous les trois sont des régions réputées pauvres en agriculture. Les régions fertiles et riches n’ont jamais dégagé de flux migratoires. A partir de 1986 la situation va changer. Trois années consécutives de sécheresse avaient éprouvé l’agriculture vivrière des régions Bours et l’agriculture irriguée moderne, nouvellement introduite, n’a pu prendre la relève et stabiliser la population <strong>faute de marché extérieur</strong>. Ces contraintes intervenant en période de forte croissance démographique vont donner lieu à un excédent de main d’œuvre agricole notamment dans deux bassins parmi les plus riches du pays : Chaouia-Ourdigha, grenier du Maroc et Tadla-Azilal terres riches, fertiles et bien arrosées situées sur le flanc de l’Atlas.</p>
<p>Déficit de main d’œuvre au Nord de la méditerranée face à un excèdent au Sud, on assista alors à l’engagement d’un flux migratoire spontané des travailleurs agricoles des régions précitées vers les terres arides d’El Ejido à Alméria en Espagne. Dans son choix, égocentrique de donner préférence aux nouveaux membres de l’Union et de promouvoir l’agriculture espagnole, à coups de milliards d’Ecus, la CEE, devenue « Union Européenne » en 1993, a tout simplement supprimé des postes d’emploi agricole au Maroc et les a déplacés vers l’Espagne entre autres. En ce faisant, elle a déplacé aussi un flux d’affaires, une valeur ajoutée et un taux de croissance du Sud de la Méditerranée vers le Nord.</p>
<p>Vu de loin, on observe le phénomène tel des vases communicants qui interagissent entre eux dans une soumission totale à la loi de la physique. Le vide de main d’œuvre dans une région et le trop plein dans l’autre engagèrent un flux humain irrésistible entre les deux. Ceux-là même qui ont perdu leur emploi potentiel au Maroc sont allés le chercher en Espagne. Toute choses étant égale par ailleurs, on est tenté de relever une certaine similitude avec l’image de « la transhumance des gnous dans la steppe africaine à la recherche de pâturage ». Le flux, cette fois humain, s’engageait bravant les obstacles de visas, les lois, la police et l’armée comme il bravait, au péril de la vie de ses participants, la mer qui nous sépare de l’Europe. Telle était l’histoire de ce qu’on appelait dans les années 90, non sans « dédain », la « Migration Clandestine, les Boats peoples, les Pateras&#8230; ». Dans sa réaction, l’Homme y était réduit tout simplement à l’Être biologique qu’il est. L’Europe décriant cette évolution, dont elle jetait au passage la totale responsabilité sur le Maroc, a adopté une démarche sécuritaire à travers le resserrement des visas et la sévérité de contrôle aux frontières.</p>
<p>Dans notre position géographique, un partenariat euro-marocain, dominé par une démarche égocentrique, peut faire plus de mal que de bien à ceux-là même qui l’on conçu. Le traitement de la question économique dans un registre différent de celui de l’humain est tout simplement une grosse erreur car l’objectif, en définitif, ne peut être autre que le développement humain. Ceux qui mettent en place les dispositifs juridiques, administratifs et militaires pour fermer l’Europe à son voisinage immédiat<sup>3</sup> ignorent, dans leur démarche mécanique, que face à eux, il y a des Hommes tout aussi intelligents qu’ils le sont et bien plus déterminés. Ils sont capables, dans leur détresse, de contourner tout obstacle.</p>
<p>Si on ne tient pas compte de ces « constats devenus postulats », toute action engagée retournera, comme un boumerang vers son auteur. D’où l’impérieuse nécessité d’une approche holistique et équilibrée dans les rapports Nord-Sud.</p>
<p>Quelque soit la plaidoirie qu’on pourrait faire pour défendre ou innocenter cette nouvelle forme de migration, nous ne pourrons jamais rendre justice à ces hommes, femmes et enfants pris en tenaille entre le besoin dans leur pays et l’espoir d’un salut éphémère en Europe. Un espoir fortement attisé, disons-le au passage, par l’acceptation par les structures économiques de ces migrants irréguliers, pour raison de bas salaires, et la tolérance opportuniste des pouvoirs publics des pays d’accueil. Les forces d’expulsion et d’attraction agissant ensemble, ces personnes se jetaient corps et âme dans des embarcations de fortunes chavirant entre les flots parfois rugissants des vagues de l’océan ou du détroit. Courageux et téméraires, ils savaient pertinemment qu’ils pouvaient ne jamais atteindre la rive de « l’El Dorado européen » comme certains de leurs prédécesseurs et pourtant ils y allaient. Le cœur haut, la gorge sèche et la main crispée s’accrochant à la vie tout en tâtant la mort sur le bord de son embarcation, le migrant clandestin vivait « La Tragédie » de son existence. Une tragédie humaine poignante pour ceux qui l’on vécue comme pour ceux qui l’imaginent.</p>
<p>A la mémoire des victimes de ce drame humain, je vous propose le clip de Clémence Savelli qui tout en illustrant les péripéties de cette forme de migration, laisse pointer l’espoir du salut après la tragédie. Il est intitulé « Mes amis Ciao, Ciao »<sup>4</sup>.</p>
<p class="code">Article 14</p>
<p class="author" style="text-align: right;">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre">
<p><sup>1</sup> <strong>European Currency Unit</em></strong><strong> : </em></strong>équivalent à 1€</p>
<p><sup>2</sup> Isabelle Renaudet, « L’Espagne et l’Europe communautaire : une vieille histoire de famille ? Du rêve d’union au mariage de raison », <em>Amnis</em> [En ligne], 1 | 2001, mis en ligne le 30 juin 2001. URL : <a href="http://amnis.revues.org/220" target="_blank" rel="noopener noreferrer">http://amnis.revues.org/220</a> ; DOI : 10.4000/amnis.220</p>
<p><sup>3</sup> Mohamed KHACHANI parle du : paradoxe du système Schengen destiné à réduire et limiter les passages clandestins dans l’espace européen. « Question migratoire au Maroc». Ed. 2019 page 85.</p>
<p><sup>4</sup><br />
<iframe src="https://www.youtube.com/embed/GgAOO7hnJ7Q" width="720" height="405" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Article 13 : Décennie 90 &#8211; La migration clandestine &#8211; Facteurs déclenchants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Dec 2020 15:22:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les années 80 du siècle dernier se sont terminées par « la chute du mur de Berlin » et la réunification de l’Allemagne (9 nov 1989) ainsi...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les années 80 du siècle dernier se sont terminées par « la chute du mur de Berlin » et la réunification de l’Allemagne (9 nov 1989) ainsi que par l’affranchissement des pays de l’Europe de l’Est de la tutelle soviétique et la fin de la guerre froide. Ces développements vont avoir des effets multiples sur l’Europe dans différents domaines : politique, économique et social. Les rapports de partenariat Nord-Sud vont en être affectés dans leur globalité et la migration va en subir les contrecoups.</p>
<p>La démocratie recouverte par les pays du Sud de l’Europe : le Portugal<sup>1</sup>, la Grèce<sup>2</sup> et l’Espagne<sup>3</sup>, la CEE (Communauté Economique Européenne) les intègre à son groupement dans les années 80<sup>4</sup>. Plus tard, l’arrivée en 1989 des pays de l’Europe de l’Est lui ouvre de nouvelles perspectives : un élargissement vers l’Est, la création d’un marché et d’une économie forte et l’unification de l’Europe. Cette évolution amène la CEE à décréter le principe de préférence en matière commerciale, de main d’œuvre et d’investissement en faveur des nouveaux et futurs pays de l’Union. Cela, au détriment de ses anciens partenaires, voire même, au mépris des engagements pris<sup>5</sup> dans le cadre du Processus de Barcelone<sup>6</sup>. Du coup, l’entrée des personnes issues des pays du Sud fut assujettie au visa Schengen<sup>7</sup> tandis que les importations des biens et marchandises à partir de ces pays, dont les produits agricoles, ont été soumis à des quotas restrictifs.</p>
<p>Or, le Maroc appliquant les recommandations du PAS<sup>8</sup> avait réorienté sa production agricole vers l’exportation et, bien entendu, notre marché naturel était la CEE. Malheureusement l’élan pris avec un fort engagement de notre pays, a été vite cassé avec la mise en œuvre de ces dispositions préférentielles en faveur des nouveaux membres de la CEE. A peine les premiers résultats économiques du PAS apparaissaient, au début des années 90, que ce partenaire économique traditionnel ferma ses frontières. Nos exportations vers l’Europe de produits de maraichage et d’agrumes ont vu leur tonnage stagner ou diminuer durant toute la décennie 90<sup>9</sup>. Les restrictions n’ont pas été exclusives du secteur agricole, les secteurs manufacturiers utilisateurs de main d’œuvre : textile et confection ont subi le même sort à travers les révisions répétées des « Accords multifils ».</p>
<p>La perte d’un marché implique l’arrêt de la production jusqu’à ce qu’on en trouve un autre. Entre temps, l’investissement est suspendu et l’emploi avec. L’effort entrepris par le Maroc dans le cadre du PAS pour être à l’heure avec les bailleurs de fonds, « Club de Paris et Club de Londres » devint difficile à tenir. Sinon il fallait sacrifier, une fois encore, l’investissement public devant absorber les jeunes arrivés sur le marché de l’emploi. Ils dépassaient le demi-million chaque année. En somme, le PAS proposé par les pays du Nord avait quelque part « pipé les dés ».</p>
<p>Le taux de chômage qui était de 16 % déjà en 1992, grimpe à 18.1 % en 1996<sup>10</sup>. La population rurale fortement éprouvée par les années de sécheresse répétées regagnent les villes comme vu précédemment. Cet exode va être le prélude d’un nouveau flux migratoire international.</p>
<p>Concomitamment avec cette évolution endogène, une autre, cette fois, exogène, allait renforcer l’attractivité des pays du Nord chez le jeune, à savoir : la télévision satellitaire. Elle avait eu une large diffusion dans la société marocaine tous milieux sociaux confondus. En rapprochant virtuellement les distances, elle a concrétisé chez le jeune l’image de cet El Dorado présenté par la presse audiovisuelle sous des jours radieux. La réaction est naturelle : une forte propension à émigrer. Malheureusement, avec la fermeture des frontières, le processus va se dérouler dans des conditions dramatiques.</p>
<p class="code">Article 13</p>
<p class="author" style="text-align: right;">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre">
<p><sup>1</sup> Révolution des œillets 25 avril 1974</p>
<p><sup>2</sup> Abolition de la monarchie et proclamation de la république 1973. Election du Premier ministre Constantin Caramanlis et fin de la dictature militaire 1974.</p>
<p><sup>3</sup> 1975 la mort du Général Franco, le rétablissement de la monarchie puis en 1982 l’arrivée au pouvoir du parti socialiste ouvrier espagnol sous la présidence de M. Philippe Gonzales</p>
<p><sup>4</sup> Grèce 1<sup>er</sup> janvier 1981, Espagne et Portugal 1<sup>er</sup> janvier 1986</p>
<p><sup>5</sup> Sophie BESSIS. « Dix ans après Barcelone : état des lieux du partenariat euro-méditerranéen » p.4  <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/Revue_des_revues_200_1002C0.pdf">Lien 1</a></p>
<p><sup>6</sup> Signé en 1995 entre l’UE et les pays du sud de la Méditerrané pour la création d’un espace de paix de stabilité, de prospérité partagée et de rapprochement des peuples.</p>
<p><sup>7</sup> L&rsquo;<strong>accord</strong> de<strong> Schengen</strong> (Luxembourg) est signé le 14 juin 1985 entre cinq pays (la France, l&rsquo;Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas). Il a été complété par une série de dispositions relatives aux contrôles aux frontières (visas, procédures sélective pour la délivrance de permis de travail…) en juin 1990.</p>
<p><sup>8</sup> Programme d’Ajustement Structurel vu à l’article 10</p>
<p><sup>9</sup></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" width="auto">Exportation vers la CEE en 1000t</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Produits agricoles</td>
<td width="auto">1990</td>
<td width="auto">2000</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Tomates</td>
<td width="auto">118</td>
<td width="auto">149</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Pommes de terre</td>
<td width="auto">60</td>
<td width="auto">53</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Légumes à cosses secs</td>
<td width="auto">5</td>
<td width="auto">1</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Argumes</td>
<td width="auto">346</td>
<td width="auto">261</td>
</tr>
<tr>
<td width="auto">Total</td>
<td width="auto">529</td>
<td width="auto">464</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Source : annuaires statistiques</p>
<p><sup>10</sup> HCP Annuaire statistique du Maroc taux de chômage (pour les deux sexes 18.1% pour les masculins 16.1%) page 489</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Article 12 : 1980-1992 Les années dures et le soutien des MRE &#8211; Migration, apport et évolution</title>
		<link>https://www.fh2mre.ma/fondation/histoire-de-la-migration-marocaine/1980-1992-les-annees-dures-et-le-soutien-des-mre/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=1980-1992-les-annees-dures-et-le-soutien-des-mre</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2020 09:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Maroc était donc entré au cours de la décennie 80 dans une situation économique et financière difficile, caractérisée par une forte décélération de la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Maroc était donc entré au cours de la décennie 80 dans une situation économique et financière difficile, caractérisée par une forte décélération de la croissance, un taux de chômage élevé, des finances publics déficitaires et une réserve-devises fortement entamée<sup>1</sup>.</p>
<p>Pendant ces années, les transferts financiers des MRE se sont avérés précieux et d’un grand secours pour le pays. En effet en 12 ans, ils ont fait un bond spectaculaire qui a discrédité toutes les supputations<sup>2</sup> et dissipé les craintes consécutives au regroupement familial. Car, ces transferts qui n’étaient que de 540,1 millions de Dirhams en 1970<sup>3</sup>, s’étaient accrus de presque 1000 % en 12 ans pour atteindre 5,115 Milliards de Dirhams en 1982<sup>4</sup>. Soit un accroissement moyen arithmétique cumulé de 23 % par an.</p>
<p>Une analyse hâtive serait tentée de considérer que l’accroissement des transferts résulterait de l’augmentation de l’effectif de nos émigrés. Ce n’était point le cas. L’effectif de nos concitoyens à l’étranger s’était accru, durant la même période, de 11% seulement (en moyenne cumulée par an). Cet accroissement était majoritairement constitué de femmes et d’enfants en bas âge ce qui devrait aboutir à l’effet inverse, en raison de la charge familiale nouvelle des chefs de familles. Or, les transferts s’étaient accrus de plus du double. Cette évolution ne pouvait s’expliquer que par une amélioration des revenus consécutive à une ascension socio-économique de nos émigrés. Elle s’explique aussi, par un attachement indéfectible au Maroc, couplé d’un altruisme prononcé en faveur des leurs, restés au pays, et qui ont subi les contrecoups des difficultés économiques vues ci-dessus. Cette <strong>résilience des transferts aux chocs économiques</strong> fut une découverte extraordinaire, un don du ciel découlant d’une fidélité à toute épreuve de nos ressortissants à l’étranger : une fidélité au Maroc, à leur culture et à leur famille.</p>
<p>L’évolution des transferts va continuer crescendo, durant toute la décennie, pour atteindre 17,328 Milliards de Dh en 1991. Soit une augmentation totale de 338 % en dix ans et un taux d’accroissement moyen cumulé de 14.5%/an. Ainsi les transferts des migrants deviennent une source stable de devises, une ressource importante de financement, un levier de la croissance économique nationale (via l’accélération de la demande intérieure) et une recette incontournable de la balance des paiements pour réduire ses déficits annuels. Bref, un élément fondamental et structurel de l’économie nationale.</p>
<p>Parallèlement à cette évolution macro-économique, une donnée nouvelle ayant vu le jour dans les années 70 déjà, allait se confirmer dans les années 80 et cette fois, au niveau micro-économique, à savoir : l’acquisition par nos émigrés de biens fonciers et immobiliers au Maroc. Des lotissements nouveaux vont éclore dans les périphéries des villes pour accompagner cette demande nouvelle soutenue et assurer aux MRE le placement de leur épargne. C’est ainsi que naquit et prit forme l’investissement des Marocains de l’Extérieur.</p>
<p>Dans sa perspicacité, le roi Hassan II va agir en conséquence. Au niveau politique, cinq circonscriptions électorales ont été ouvertes en Europe et les premiers députés MRE<sup>5</sup> dont le plus médiatisé Akka El Ghazi<sup>6</sup> , ont fait leur entrée au Parlement marocain pour représenter nos ressortissants à l’étranger. Ce fut le 18 septembre 1984, dans le cadre de la législature (1984-1993)</p>
<p>Plus tard et à la fin des années 80 on assista à la mise en place de trois structures institutionnelles dédiées à la gestion de la question migratoire, en remplacement du Ministère de l’Emploi. Il s’agissait :</p>
<ul>
<li>Du Ministère Délégué auprès du Premier Ministre chargé des Affaires de la Communauté Marocaine à l’Etranger ;</li>
<li>De la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Etranger et</li>
<li>De Bank Al Âmal.</li>
</ul>
<p>Ce dispositif répondait à une logique simple et claire de répartition des tâches par nature : politique pour le Ministère, culturelle et socio-économique pour la Fondation, financière pour la Banque.</p>
<p>Au niveau de la société marocaine, la migration ayant commencé en tant qu’activité exceptionnelle et temporaire acquiert définitivement droit de cité. Réservée initialement aux couches les moins nanties, elle intéresse de plus en plus une partie de la classe moyenne instruite voire même aisée. La prospérité des émigrés finit par convaincre les autres à suivre leurs pas.</p>
<p>L’obtention du passeport devint alors l’ambition première des jeunes sans emploi et la demande de celui-ci va exercer une forte pression sur l’Administration marocaine. Cette dernière exigeait pour sa délivrance, une attestation d’inscription scolaire pour les étudiants, sinon, un contrat de travail accompagné d’une caution solidaire « fortunée ». Toutes les « pirouettes » seront utilisées pour répondre à ces exigences de forme. Les cousins, les voisins et la fratrie, à l’étranger, vont s’y mettre dans le cadre d’une complicité agissante. C’est ainsi que des filières migratoires à caractère régional vont s’organiser vers les différentes régions d’Europe renforçant d’avantage les concentrations initiales, vues dans l’article 3 : les originaires du Sud du Maroc et de l’Atlas vont en France, ceux du Rif en Allemagne, Flandre et Pays-Bas, ceux du Nord en Wallonie et en Catalogne… ainsi la migration vers les pays européens va continuer contre vents et marrées.</p>
<p>Par ailleurs, l’ascendant économique imposant sa voix, le terme TME (Travailleurs Marocains à l’Etranger) devient MRE (Marocains Résidant à l’Etranger). La radio la télévision et les masses média réservent de plus en plus de place à la question migratoire.</p>
<p>Cette adoption socio-politique de l’émigration, intervenue d’une manière progressive et tacite, va se refléter dans la nouvelle culture des classes sociales basse et moyenne. On assiste alors à une évolution des goûts et du mode de vie, à commencer par l’équipement domestique façonné par les cadeaux des migrants, les habitudes de consommation, le faste des festivités (mariages, naissance, …), les marques de voitures etc….</p>
<p>Par ailleurs, le sujet de la migration réservé auparavant à la chanson populaire, pénètre de plus en plus la chanson moderne, traduisant une nouvelle perception de cette réalité devenue diffuse dans toute la société marocaine. La chanteuse Rita Ben Abdeslam ouvre le bal avec sa chanson « Âme fe lghorba » (A l’étranger, une année durant)<sup>7</sup> que nous vous proposons ci-après. Longue, lyrique et mélancolique à la fois, cette sérénade raconte le sentiment d’attachement et de privation du migrant et son ardent désir de retrouver son âme sœur.</p>
<p class="code">Article 12</p>
<p class="author"">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre">
<sup>1</sup> HCP. Les sources de la croissance économique au Maroc. Sep 2005. P 16 <em>« Au début des années 1980 les principaux indicateurs économiques ont témoigné d’une grave détérioration de la situation économique du pays. La dette extérieure a progressé de plus de six fois entre 1975 et 1982 pour atteindre plus de 83% du PIB. Le déficit budgétaire et le déficit courant de la balance des paiements ont atteint des niveaux records en 1982 se situant respectivement à 12% et à 12,3%. L’économie marocaine a subi les contrecoups de nombreux facteurs : deuxième choc pétrolier (1978), baisse des prix du phosphate, hausse du dollar et des taux d’intérêt, sans oublier la sécheresse sévère qui a marqué l’année 1981. »</em></p>
<p><sup>2</sup> Voir l’article 7</p>
<p><sup>3</sup> Fathllah OUALALOU Chronique économique 1970, p.508</p>
<p><sup>4</sup> Source Office des Changes</p>
<p><sup>5</sup> Hicham Zegrari rapporte dans son livre « Les Marocains Résidant à l’Etranger et les partis politiques » MIM-AMERM : « La répartition des cinq sièges fut comme suit : la circonscription n° 1 est revenue à Akka Ghazi (USFP), la circonscription n° 2 à Brahim Berbache (Parti du centre social), la circonscription n° 3 à Marzouk Ahaïdar (UC), la circonscription n° 4 Rachid Lahlou (Istiqlal) et la circonscription n° 5 à Abdelhamid Naïm (RNI). Voir à ce sujet d, Abdelkrim Belguendouz, op.cit. p. 26.</p>
<p><sup>6</sup> Akka El Ghazi (1947- 2018) ancien syndicaliste CGT Citroën., élu au Parlement marocain sous les couleurs de l’USFP avec 30% des suffrages exprimés en France. Amazigh d’origine il rallie deux ans plus tard le Mouvement Populaire de Mahjoub Ahardane</p>
<p><sup>7</sup><br />
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		<title>Article 11 : 1980-1992 Les années dures et le soutien des MRE &#8211; Contexte économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2020 11:29:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avertissement: L’Histoire de la migration est partie intégrante de l’Histoire économique du Maroc. C’est pourquoi, il est proposé dans cet article de présenter le contexte...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="intro">
<p class="excerpt">Avertissement: L’Histoire de la migration est partie intégrante de l’Histoire économique du Maroc. C’est pourquoi, il est proposé dans cet article de présenter le contexte économique global des années 80 pour mieux apprécier l’apport de la migration et percevoir d’une manière plus claire les implications des problèmes économiques intérieurs au Maroc sur la migration et sur son évolution ultérieure.</p>
</div>
<p>La gestion de la chose publique peut paraitre facile si les conditions de bonne volonté, d’organisation et du respect d’une bonne gouvernance sont réunies. C’est le cas en temps de paix et de stabilité. Mais souvent les Etats sont confrontés à des défis et contraintes extérieurs survenus subitement et qui brouillent toutes les cartes. C’était le cas du Maroc à partir de 1975. Des forces exogènes insoupçonnées vont frapper le pays de plein fouet sous forme de chocs économiques successifs et violents.</p>
<p>Le premier, fut <strong>le double choc pétrolier </strong>(1973 et 1978) qui va obérer la facture énergétique du Maroc et affecter sa compétitivité économique sur le marché international. Cela, au moment où le pays envisageait, dans le cadre du plan quinquennal (1973-1977), la construction d’une économie basée sur la promotion des exportations et la réduction des importations par le développement d’une industrie de substitution. Non seulement cette ambition était cassée mais aussi la charge du surcoût de l’énergie sur la balance des paiements était très lourde. Cela, en dépit des prix préférentiels accordés au Maroc par l’Irak de Saddam Houssine, entre autres, et une hausse momentanée des prix des phosphates sur le marché international.</p>
<p>Le second, était <strong>l’effort de guerre </strong>imposé dès 1975 par le colonel Boumediene qui présidait alors aux destinés de  l’Algérie. Le conflit du Sahara qu’il a créé a obligé le Maroc à faire des achats massifs d’armement et à lever une armée solide capable de défendre l’intégrité territoriale du royaume. Là aussi, les besoins du Maroc en devises étaient énormes. Une forte hémorragie financière s’était déclarée en pure perte pour l’économie nationale.</p>
<p>A ce propos, il convient de rappeler que l’armée marocaine devait faire face à une armada de mercenaires puissamment équipée et cofinancée par les « révolutionnaires arabes » : les présidents Kadafi et Boumediene, tirant profit de la manne pétrolière arrivée à point nommé pour servir leurs desseins hostiles au Maroc.</p>
<p>Ces deux premiers chocs poussaient le pays vers la décélération et le chômage, puisque le levier public de la croissance se trouvait dérivé de la scène économique. Le Maroc a donc terminé les années 70 dans une situation économique très difficile.</p>
<p>Le troisième choc était une <strong>calamité naturelle</strong>. La décennie 80 commence avec <strong>3 années consécutives de sécheresse</strong>. L’agriculture qui occupait et faisait nourrir presque la moitié de la population tombe en panne. La désolation s’abattit sur les plaines agricoles les plus riches : Chaouia, Tadla, Abda, Doukala, Lhaouz…Il était fréquent de voir sur la route, à la périphérie des villes, les petits éleveurs désemparés et complétement hébétés, accroupis sous un arbre, entourés de leur troupeau qu’ils n’arrivent plus à nourrir. En désespoir de cause, les décharges publiques devenaient parfois pâturage. L’exode vers les villes va déstructurer le milieu rural et déraciner une grande partie de sa population.</p>
<p>Sur le plan économique, cette population qui était jusqu’ici autosuffisante ne l’était plus. Les besoins alimentaires explosent. L’importation du blé, des céréales et des aliments de bétails devint une urgence.  Au niveau des finances publiques, cette situation a fait deux victimes : la Caisse de Compensation dont la charge devint insoutenable puisque les produits alimentaires de base étaient compensés (farine, sucre, huile, beurre) et la réserve-devises qui était déjà fortement éprouvée.</p>
<p>Le quatrième choc était reçu comme un coup de grâce. Il s’agissait de l’appréciation progressive <strong>du cours du dollar américain</strong>. Le 15 août 1971 le Président Nixon<sup>1</sup> avait décrété la « Non Convertibilité » du dollar. Elle est entrée en vigueur en 1976 donnant lieu à une vente massive de cette devise sur le marché international et donc à une chute drastique de sa valeur. Tirant profit de la situation, le Maroc a cru bon de financer une partie de son plan quinquennal (1973-1977) par un endettement extérieur en dollars américain. Celui-ci a été négocié entre 3.80 et 4.50 Dh/1$ jusqu’à la fin des années 70. A partir de 1980 et à l’arrivée des premières échéances de remboursement, la hausse des prix du pétrole suivie de ceux des matières premières avaient déjà asséché le marché du dollar. Celui-ci, retrouvant sa force, atteint 10 Dh/1$<sup>2</sup> en 1985. Du coup, le volume en Dirhams de la dette extérieure du Maroc, libellée en dollars, a plus que doublée (2.5 fois) sous le seul effet du cours de change. Selon le HCP « La dette extérieure a progressé de plus de six fois entre 1975 et 1982 pour atteindre plus de 83% du PIB »<sup>3</sup>. Ainsi le pays est passé d’une situation d’endettement gérable à celle de surendettement quasi impossible. En dépit des moratoires contractuels et du rééchelonnement, obtenu dans le cadre du PAS (Programme d’Ajustement Structurel)<sup>4</sup> que le Maroc a été acculé à signer en 1983, le service de la dette continuait à peser fortement sur les finances publiques passant de 5% du budget en 1977 à 22.2 % en 1985<sup>5</sup>. Conséquence : suspension de la quasi-totalité des investissements programmés par l’Etat, désengagement total de l’intervention dans le domaine économique et gel des budgets sociaux. Enfin, faisant face aux remboursements de la dette publique et privée majoritairement libellées en dollars, la réserve devise s’était presque asséchée.</p>
<p>Le gouvernement voulant soulager les finances publiques et réduire les importations et la consommation intérieure par la décompensation des produits énergétiques et alimentaires, soulève un tôlé sur tout le territoire national. Ce fut la « Révolte du Koumira » (la baguette)<sup>6</sup>. Ses soubresauts vont s’étaler sur trois années consécutives et faire des victimes dans la population comme dans les forces de l’ordre. Le discours menaçant du Roi Hassan II<sup>7</sup> pour mettre fin aux émeutes et désordres ici et là est resté comme une illustration de « sa dictature ». Rares étaient ceux qui avaient conscience du cumul des chocs et de la gravité de la situation. Hassan II, en guerre au Sahara, ne voulait pas donner de signes de faiblesse. Les alliés et les ralliés contre la cause nationale risquaient fort de redoubler d’ardeur.</p>
<p>Ainsi, les années 80 étaient très dures pour le Maroc. Dans ces difficultés, les transferts des émigrés étaient du pain-béni pour notre pays. Ils ont propulsé la migration au-devant de la scène en tant qu’élément fondamental de l’économie nationale.</p>
<p class="code">Article 11</p>
<p class="author">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre"><sup>1</sup> Le Président Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971 la non-convertibilité est entrée officiellement en vigueur le 8 janvier 1976 à la suite des accords de la Jamaïque ;<br />
<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89talon-or#:~:text=Les%20%C3%89tats%2DUnis%2C%20officieusement%20le,des%20accords%20de%20la%20Jama%C3%AFque%20%3B&amp;text=la%20France%20avait%20d%C3%A9cr%C3%A9t%C3%A9%20le,monnaie%20en%20or)%20en%201936" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Lien 1</a>.</p>
<p><sup>2</sup> HCP Annuaire Statistique 1986 cours des devises p. 456</p>
<p><sup>3</sup> HCP « Les sources de la croissance économiques » 2005 p.16</p>
<p><sup>4</sup> Plan d’action visant le redressement de l’économie et le rétablissement des équilibres généraux et des comptes de la nation. Il a été financé par le FMI et la Banque Mondiale et recommandait la libéralisation de l’économie moyennant entre autres la mise en œuvre de réformes budgétaires, administratives et réglementaires, l’abandon du protectionnisme économique et de la politique sociale, le désengagement économique de l’Etat et l’ouverture du Maroc sur le marché international.</p>
<p><sup>5</sup> HCP Annuaires statistiques 1977 p. 196 et 1985 p.465. Le service de la dette passe de 1 Md Dh en 1977 à 7,11 Md Dh en 1985 soit respectivement 5% et 22.2% du budget général de l’Etat.</p>
<p><sup>6</sup> 20 et 21 juin 1981</p>
<p><sup>7</sup> Discours le plus dur de Hassan II juillet 1984.</p>
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		<item>
		<title>Article 10 : De migration de travail à migration de peuplement &#8211; Le Maroc jaloux ds ses enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2020 13:27:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1980, le regroupement familial est consommé. La force de travail envoyée en Europe pour acquérir expérience et finances et les investir au Maroc risque de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>1980, le regroupement familial est consommé. La force de travail envoyée en Europe pour acquérir expérience et finances et les investir au Maroc risque de ne plus revenir. La presse européenne parle de régularisation mais aussi d’aide au retour de peur d’un approfondissement de la crise. Et si en France le parti socialiste français arrivant au pouvoir, régularise un grand nombre de migrants<sup>1</sup>, le débat autour de la question n’est pas tari pour autant.  Loin de là, la migration continue à être le point de discorde le plus médiatisé entre la gauche et la droite de la classe politique. Dans cette nébuleuse évoluant au grès des circonstances politiques et des difficultés économiques, le Maroc se devait de parer à toutes éventualités : agir comme si l’installation de ses ressortissants à l’étranger était irréversible et prendre les mesures nécessaires en cas de retour. Il intervient en conséquence au niveau de cinq registres : culturel, cultuel, administratif, économique et financier.</p>
<p><strong>Le registre culturel</strong> était le premier à être considéré car le Maroc n’entendait pas abandonner ses émigrés ou les brader. Il était tellement attaché à ses enfants et voulait à tout prix perpétuer ces attaches dans la réciprocité.  La préservation de la culture et des traditions marocaines dans le milieu de nos ressortissants disséminés  à travers l’Europe constituait l’unique moyen pour y parvenir. Cela passe d’abord par la mise en place d’espaces de rencontres communautaires permettant de recréer l’ambiance culturelle marocaine dans les pays d’accueil et de transcender les différences ethniques vers un lien communautaire national. C’est dans ce cadre, que l’Etat marocain a encouragé la création d’Amicales des Travailleurs Marocains à l’Etranger.</p>
<p>En dépit des reproches et critiques qui ont été portées à ces amicales, force est de reconnaitre qu’elles ont joué un rôle fédérateur et mobilisateur de notre communauté pour défendre les droits de ses membres et pour soutenir la cause nationale.  En effet la moitié de la décennie 70 et les années 80 étaient celles des affrontements diplomatiques et militaires les plus durs pour le Maroc dans la défense de son intégrité territoriale. Par ailleurs, ces amicales ont su, moyennant l’organisation de rencontres thématiques et la célébration de fêtes religieuses ou nationales, faire vibrer notre communauté à l’étranger au rythme de notre pays dans ses heurs et malheurs.</p>
<p>Sur un autre plan, les jeunes générations soulevaient des interrogations et donnaient lieu à des   inquiétudes. Vont-ils s’installer en Europe pour de bon ou bien retourner au Maroc. Dans ce dernier cas, leur vrai passeport était, et demeure toujours, la langue et la culture marocaine. Si le dialectal national ou la langue Amazigh sont appris à la maison, la langue officielle à savoir l’Arabe devait être enseignée à ces enfants en bas âge pour leur permettre d’intégrer l’école publique en cas de retour. Elle est indispensable aux moins jeunes pour traiter avec l’Administration marocaine. Cela, est d’autant plus vrai pour les enfants ayant grandis dans les pays non francophones. Pour ceux qui restent en Europe, la connaissance de leur culture nationale est un facteur d’équilibre psychosocial. Le sentiment d’appartenance à une culture et à une nation ayant une histoire, ses épopées et ses gloires, constitue un facteur de stabilité psychologique voir de fierté pour un jeune à cheval sur deux cultures.  C’est ainsi que le Maroc a pris l’initiative de <strong>dépêcher des enseignants aux différents pays de résidence de notre communauté en Europe</strong>. Une centaine dans les années 80, ils sont actuellement au nombre de 600 enseignants, pris en charge par l’Etat. Leur mission est d’enseigner la langue et la culture marocaines à nos jeunes générations à l’étranger.</p>
<p>Il convient de souligner à ce propos, que les négociations menées avec l’Administration des pays hôtes pour l’organisation de ces cours ont été plus ou moins laborieuses car souvent ses représentants y voyaient un frein à l’intégration. Cette position est une illustration parmi d’autres de la dichotomie qui gouvernait l’esprit des dirigeants dans les pays d’accueil et qui dénote l’absence de vision et de stratégie stable et cohérente pour la gestion de la migration. D’un côté, ils agissent pour le retour des immigrés<sup>2</sup>, ce qui passe obligatoirement par la maîtrise des jeunes de leur langue et culture d’origine et de l’autre, ils souhaitent leur intégration dans la culture et le mode de vie du pays d’accueil au point d’entraver leur accès à leur propre culture.</p>
<p>C’est ainsi qu’une partie de cette jeunesse, écartelée entre des positions contradictoires, va grandir dans un climat de marginalisation relative, peu propice à l’épanouissement. Cette situation explique, pour une bonne partie, la lenteur de l’évolution socio-économique transgénérationnelle<sup>3</sup> de notre communauté dans certains pays européens.</p>
<p><strong>Au niveau cultuel,</strong> la particularité religieuse marocaine et maghrébine adoptant le rite malékite, imposait au Maroc la mise en place d’un encadrement religieux permettant de conforter la position de nos ressortissants face aux rites prépondérants au Proche Orient et dans les pays arabes, de préserver l’unité confessionnelle de notre communauté musulmane et de la mettre à l’abri des courants extrémistes. A cet effet, une vingtaine de docteurs en religion ont été nommés dans les différentes régions de l’Europe pour accompagner nos émigrés dans leur pratique de la foi en pleine conformité avec les principes et dogmes consacrés par la société marocaine.</p>
<p><strong>Sur le plan administratif,</strong> l’accroissement progressif de cette population migrante a généré des besoins nouveaux en matière de couverture consulaire. De nouveaux consulats sont alors ouverts dans les différents pays d’installation de notre communauté. Ils se sont multipliés avec le temps suivant les grandes concentrations de Marocains dans tout le territoire européen.</p>
<p><strong>Enfin et sur le plan économique et financier,</strong> le réseau de la Banque Populaire (institution publique de droit privé) s’est développé progressivement en Europe, accompagnant l’ouverture des nouveaux consulats et les besoins de nos concitoyens. Il assurait la collecte et le transfert de fonds vers le Maroc. Au niveau national les agences bancaires de cette institution apportaient conseil, orientation et accompagnement financier des émigrés dans leur investissement dans notre pays. L’objectif était clair : doubler le lien affectif de cette première génération avec la Mère Patrie, par un lien économique stable. Cette banque précurseur sera plus tard rejointe par d’autres institutions similaires.</p>
<p>Si dans les années 80 les primo-migrants se sentaient stabilisés en Europe, la situation des jeunes déracinés du Maroc ou nés à l’étranger n’était pas de toute quiétude. Et pour cause, les atermoiements de la gestion migratoire engendraient une jeunesse désorientée et désemparée. Les premières chansons de cette génération racontaient ce malaise. Même le langage utilisé, mélange d’argot et de tournures de phrases arabes francisées, véhicule un état d’esprit hybride. Il exprime, à travers des idées hachurées difficiles à cerner, l’embarras entre l’être et le paraitre d’une jeunesse perturbée. Une jeunesse de seconde classe sociale victime de la fatalité d’une migration, choisie pour eux.</p>
<p>L’un des précurseurs dans ce domaine fut M. Rachid Taha dans plusieurs de ses chansons dont celle choisie pour vous : « Tombé des nues »<sup>4</sup> .</p>
<p class="code">Article 10</p>
<p class="author">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre">
<sup>1</sup> 130 000 selon Philippe Rygiel. Les politiques d’immigration en France des années 1970 aux années 1990. Cahiers de l’institut CGT d’histoire sociale, 2013, pp.22-26. halshs-01279392;</p>
<p><sup>2</sup> Programmes d’aide au retour en France, aux Pays Bas et en Belgique.</p>
<p><sup>3</sup> 70% des fils d’ouvriers sont ouvriers et seuls 4 % arrivent à l’université selon l’Etude du Haut-Commissariat au Plan (Maroc) 2005.</p>
<p><sup>4</sup><br />
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		<title>Article 9 : Migration à rebours &#8211; Les larmes des pauvres pour consoler le Colonel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2020 13:25:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jamais folie furieuse n’a éclaté dans notre région maghrébine comme elle le fit le 15 décembre 1975. Cette nuit, la fureur du colonel algérien Boumediene...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jamais folie furieuse n’a éclaté dans notre région maghrébine comme elle le fit le 15 décembre 1975. Cette nuit, la fureur du colonel algérien Boumediene a atteint son paroxysme. Président, par la force des armes de « la République algérienne démocratique et populaire… », il a été outré par le succès de la « Marche Verte » (6 novembre1975) organisée par le Roi Hassan II pour la récupération du Sahara marocain qu’il convoitait. Aussi décida-t-il de se venger du Roi par l’expulsion des Marocains installés dans son pays.</p>
<p>350 000 Marocains résidant légalement en Algérie<sup>1</sup> depuis des décennies, bien avant l’indépendance de ce pays, sont expulsés manu-militari. Hommes, femmes, enfants séparés souvent de leur mère et personnes âgées, ont été conduits, sans préavis et en moins de 48 heures à la frontière marocaine d’Oujda. Baptisée la « Marche Noire », elle l’était sur tous les plans. Elle découlait d’un esprit bien obscur et intervenait le 18 décembre 1975, jour de la grande fête musulmane du sacrifice.</p>
<p>Ces immigrés Marocains s’étaient installés en Algérie pendant la colonisation, comme d’autres algériens s’étaient installés au Maroc. Une grande partie d’entre eux travaillaient dans l’agriculture, le commerce ou dans l’artisanat. Ils étaient comme chez eux car la mobilité de la population maghrébine entre l’Est et l’Ouest relevait de l’ordre normal des choses. Mon premier instituteur de français à l’école publique à Tanger, Mohamed Chahrouri était algérien ; tout comme l’un des éboueurs de notre quartier dans la médina et dont le fils était mon camarade de classe. Nous n’avons su leur appartenance à l’Algérie qu’au jour de leur départ après l’indépendance de ce pays frère. Ils étaient parmi nous comme tous les Marocains, ni plus ni moins.</p>
<p>L’Algérie, je l’ai connue à la classe élémentaire 1<sup>ère</sup> année en 1959-60. L’instituteur M. Ahmed Harfouch avait l’habitude, le jeudi de chaque semaine, c.a.d. la veille du vendredi qui était alors férié, de terminer la journée en nous demandant d’implorer Dieu Tout Puissant d’aider les Moudjahidines à libérer notre pays frère et voisin du joug du colonialisme. Il nous apprenait comment le dire et nous répétions après lui. Un rituel qui a continué d’une manière ponctuelle en 2<sup>ème</sup> année avec M. El Yedri.</p>
<p>Après l’indépendance de ce pays, bon nombre de ces algériens est rentré chez lui, d’autres, notamment ceux qui avaient acquis des positions économiques et sociales élevées sont restés au Maroc. D’ailleurs, ils y sont toujours. On y dénombre des chefs de partis politiques, un ancien président de la Chambre des Représentants, des ministres, des ambassadeurs et un grand nombre d’acteurs dans la profession libérale…Ni la guerre des sables de 1963 ni les mésententes passagères n’ont inquiété ces « frères algériens ».  Frères nous le sommes toujours par la langue, les traditions, la religion, le peuplement, la géographie, l’histoire et la destinée commune. Nous n’étions séparés que par l’intervention des puissances extérieures.</p>
<p>Mais tout à coup, le Colonel décrète la naissance d’une nation distincte, puissante et supérieure aux autres. Peut- être voulait il se débarrasser de ces peuplades inférieures pour assurer, à l’instar de l’inquisition de Thomas De Torquemada en Andalousie, la pureté de la race et de la nouvelle confession « socialiste » algérienne. Sauf que De Torquemada, bien qu’il ait exécuté ses forfaits au moyen-âge, procédait par enquête et jugement rendus par les tribunaux de l’inquisition qui décidaient ou non de l’expulsion. Dans le cas de notre colonel, la décision de la police et de la gendarmerie suffisait. Une deuxième différence avec l’inquisition était qu’on devait à tout prix atteindre le nombre de 350 000 personnes. Soit exactement l’équivalent du nombre des participants marocains à la Marche Verte !! Enfin, pour ce qui est des similitudes de traitement, l’un et l’autre dépossédaient les victimes de leurs biens fonciers, immobiliers, bijoux, argent et tout objet de valeur.  Nos concitoyens étaient expulsés avec tout juste les habits qu’ils portaient et quelques affaires sans valeur.</p>
<p>Quelques mois plus tard, le Colonel organise une armada faite de ramassis de mercenaires de tout bord pour faire scission au Sahara marocain et obtenir, de force, ce qu’il n’a pu avoir par la persuasion et l’expulsion. Cela, au nom des principes sacro-saints de « l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme » et du « droit des peuples à l’auto-détermination ». Deux concepts créés et imposés par les puissances coloniales pour diviser les pays colonisés. Peut-on imaginer un instant que les martyrs marocains, algériens, tunisiens et libyens qui ont lutté contre la colonisation, auraient eu un jour en tête de consacrer les principes et les choix imposés par celle-ci ? N’est-ce pas une trahison de la mémoire de ces martyrs que de veiller au respect de l’œuvre destructrice de ceux qu’ils ont combattu ? L’ironie de l’histoire est de voir aujourd’hui ces « dirigeants » sacraliser la mémoire des martyres pour être élevés à leur rang tout en les trahissant.  Ça se passe de tout commentaire<sup>2</sup>.</p>
<p>En tout cas, le Colonel est décédé trois ans plus tard, presque jour pour jour (28 décembre 1978) dans des conditions dramatiques et troubles. Il a laissé derrière lui l’ignominie de l’acte et la tristesse de personnes déracinées, de familles déchirées, de cœurs brisés, de vies cassées et de pauvres gens désemparés. Il voulait par cette migration à rebours forcée, écraser sous son poids un pays trop pauvre pour pouvoir la supporter.</p>
<p>Le Maroc, pauvre il l’était mais très digne. Toutes les personnes valides refoulées ont été intégrées immédiatement dans l’Administration publique selon leur niveau d’instruction. Les autres, pris en charge par toutes les régions du royaume, sont passées presque inaperçues. Le Roi agissant en seigneur n’a pas daigné en faire une affaire.</p>
<p>Reste que l’héritage avalé par le corps des officiers du Colonel qui sont devenus Généraux continue, 45 ans plus tard, à diviser notre Maghreb, à casser son élan, à hypothéquer l’avenir de sa jeunesse et à pousser ces dirigeants à chercher parfois soutien auprès d’autrui. Quel gâchis !!!</p>
<p>45 ans passés, je me permets de refaire le monde dans une rêverie à rebours. Si l’Algérie avait été dirigée autrement, elle aurait été l’Allemagne du Maghreb. Ces pétrodollars, l’organisation héritée de la France, la bonne formation de ses hommes, son étendue et la diversité de ses richesses naturelles lui auraient assuré une avance sans conteste sur les pays voisins. Le pouvoir économique induisant naturellement l’ascendance politique, elle aurait été le noyau dure ou le pivot central des « Etats Unis du Maghreb ». Aujourd’hui, elle a bien une avance : la supériorité numérique de son armée et de son armement acheté à grand frais, mais rien d’autre. Puisque « on peut tout faire avec les baïonnettes sauf s’assoir dessus », ses dirigeants ne réfléchissent qu’en « guérilléros » : détruire l’autre. Ils ne pensent jamais à : « se construire eux-mêmes ».</p>
<p>La vie continue, mais l’expulsion de ces maghrébins marocains d’un pays du Maghreb reste gravée à jamais dans la mémoire collective. Le film ci-après<sup>3</sup> rappelle, d’une manière très soft, la tragédie de cette migration à rebours forcée par l’armée du pays voisin.</p>
<p class="code">Article 09</p>
<p class="author" style="text-align: right;">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre"><em><sup>1</sup> Mohammed Cherfaoui : La marche noire 30 décembre 1999 Edition la Croisée des chemins</em><br />
<em>Voir aussi : <a href="https://zamane.ma/fr/ce-nest-pas-un-hasard-si-lalgerie-a-expulse-350-000-marocains-en-1975/">Lien 1</a>, <a href="https://www.ccme.org.ma/fr/actualites/10647">Lien 2</a>.</em><em><sup>2</sup> Le 5 juillet 2020 le président Abdelmadjid Tebboune accueille à Alger 24 crânes de résistants (sur 1800) tués par la France au milieu du XIXe siècle, durant la résistance contre ses troupes et conservés au Musée de l’Homme à Paris.</em></p>
<p><em><sup>3</sup></em><br />
<iframe loading="lazy" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x2znw7s?autoplay=0" width="756" height="425" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe></p>
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		<title>Article 8 : De temporaire à sédentaire &#8211; La migration marocaine s’installe en Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abdesselam El FTOUH]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2020 13:23:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire de la migration marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’aucuns ne pensaient pas que ces jeunes recrutés pour travailler en Europe allaient s’y installer pour de bon. Ils étaient célibataires pour la majorité et...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’aucuns ne pensaient pas que ces jeunes recrutés pour travailler en Europe allaient s’y installer pour de bon. Ils étaient célibataires pour la majorité et projetaient de faire des économies pour revenir se marier et s’établir au « Bled », leur région d’origine. Ceux parmi eux qui étaient mariés avant leur départ ont bien laissé leur conjointe au Maroc et leur souhait permanent était de la rejoindre. C’est pourquoi et même si le regroupement familial était accepté par les pays d’accueil, rares sont ceux, parmi les émigrés marocains, qui ont fait ce choix. Le niveau de vie élevé en Europe, le décalage culturel entre les deux rives de la méditerranée, la crainte pour les enfants en bas âge de trop s’éloigner de leur culture d’origine et le lien toujours solide avec les parents et la fratrie, tous ces éléments allaient à l’encontre du regroupement. Pourtant la situation va changer précipitamment…</p>
<p>Le 6 octobre 1973, éclate la guerre au Moyen Orient. Elle est déclenchée par l’Egypte et la Syrie pour la récupération du Sinaï et du Golan conquis par les israéliens en 1967. Face au soutien américain d’Israël, les pays arabes décident d’utiliser l’arme du pétrole pour faire entendre leur voix et leurs droits. Deux mesures sont alors prises : diminuer la production du pétrole et réviser son prix à la hausse.  L’OPEC (Organization of the Petroleum Exporting Countries) s’aligne sur ces mesures créant une crise généralisée du pétrole. Les effets en cascade de cette décision vont mettre fin aux « Trente Glorieuses » dans l’Europe occidentale de l’après-guerre et précipiter ses économies dans une crise profonde, voire dans une récession. L’arrêt d’usines, le chômage technique, la reconversion de pans entiers de l’économie vers une technologie moins énergivore et la recherche d’alternatives énergétiques deviennent le quotidien des Etats et des entreprises occidentaux.</p>
<p>Dans cette évolution, les pays européens décident d’arrêter l’immigration de travail (1974), faciliter la migration de retour et garder le cas échéant les travailleurs déjà installés, formés et intégrés dans la société d’accueil. Or leur stabilité passait par le regroupement familial. Sur cette question, la classe politique était divisée en deux courants : le premier « légaliste », favorable au respect des conventions internationales concernant les droits des travailleurs et des engagements bilatéraux avec les pays d’origine de la migration (dont le Maroc 1963). Le second défend une politique d’assimilation exigeant une démarche sélective selon l’aptitude naturelle du migrant en la matière. Ce dernier courant acceptait ledit regroupement pour les travailleurs d’origine européenne : espagnols, portugais, italiens avec une minorité de roumains et polonais et le refusait aux autres : maghrébins et africains.</p>
<p>Cette hésitation entre la « voie du Droit » et celle du conservatisme « identitaire », donne lieu à des mesures gouvernementales contradictoires. Ainsi, suspension, encadrement et libération du droit au regroupement vont se succéder (cas de la France entre 1974 et 1976)<sup>1</sup>. Ces allers-retours, associés à l’arrêt de l’immigration et à la morosité économique, vont jouer un rôle incitateur en faveur dudit regroupement. Le migrant s’y était décidé beaucoup plus par la crainte de perdre l’opportunité que par le désir de rapprocher sa famille. Ainsi, le regroupement longtemps dédaigné devint une urgence. Les contraintes qui s’y opposaient sont reléguées au second plan.</p>
<p>A partir de là, un nouveau flux migratoire va être inauguré par les Marocains, celui des familles. Les femmes et les enfants restés seuls au pays dans les régions de Ait Atta ou dans le Sous- Massa, le Tafilalet, l’Oriental, et le Rif, évoqués dans les épisodes passés, vont rejoindre progressivement le chef de famille en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays Bas.</p>
<p>Le nombre des migrants marocains en Europe va alors quadrupler en 10 ans, la pyramide des âges va changer ; la femme et l’enfant vont y faire leur apparition et prendre progressivement une part de plus en plus significative.  Nous entamons les années 80 avec une population totale de 704.000 personnes installée en Europe<sup>2</sup>. Soit une croissance de 11% par an en moyenne cumulé entre 1972 et 1982<sup>3</sup>. Cette évolution va avoir des conséquences et engendrer des besoins nouveaux concernant à la fois les pays d’accueil et les pays d’origine dont le Maroc.</p>
<p>Au niveau des pays d’accueil, la migration de travail qui devait avoir un caractère temporaire va muter en migration sédentaire de peuplement ; les besoins de l’économie et de la démographie militaient dans ce sens. Mais l’exigence de certains courants politiques attachés à la préservation de la particularité culturelle nationale et de « la pureté de la race » allaient dans le sens opposé. L’hésitation entre les deux, aboutira à des improvisations, à une absence de planification et à un défaut de vision, à terme, quant à l’attitude à prendre par les pouvoirs publics face à ces nouveaux venus. Le cloisonnement entre différents services de l’Etat va, dans certains pays, donner lieu à des incohérences latentes entre la politique de la ville d’un côté et celle des objectifs de cohésion sociale, d’intégration et de l’égalité des chances, annoncées par les gouvernements, de l’autre.  C’est ainsi que la politique de l’habitat va privilégier, dans ces pays, l’option de citées-dortoirs, ghetto,  construits de HLM et HBM à la périphérie des villes pour loger les migrants. Ces conditions vont faire le lit du communautarisme et de la marginalisation et entraver l’intégration sociale des jeunes générations à travers le système scolaire.</p>
<p>Le discours politique, évoluant selon les circonstances et les exigences électorales, va être évidement changeant, instable et incohérant, jonchant d’embuches et de malentendus l’histoire, le parcours et la gestion migratoire dans ces pays. Au niveau de la société, les maghrébins, même s’ils sont acceptés, sont flanqués de surnoms péjoratifs de Beurs, Beurettes et Bougnouls.</p>
<p>Un demi-siècle plus tard, les termes de ségrégation, racisme, population de couleur, étrangers, invasion, islam, migration de retour… sont toujours d’actualité dans les débats politiques et sociaux, dans bon nombre de ces pays. L’avènement ici et là de partis d’extrême droite en est une parfaite illustration. Ceci, au moment où les seconde, troisième voire quatrième génération qui sont nés dans ces pays ne se perçoivent plus comme marocains et ne sont toujours pas reconnus comme totalement européens.</p>
<p>Pour le Maroc, ces décisions prises d’une manière unilatérale par les pays d’accueil sont porteuses de risques à terme. Le premier est celui du délitement des rapports de nos ressortissants et de leurs attaches avec le pays d’origine. En effet, le déplacement du « centre d’attraction familial » du Maroc vers l’Europe y aboutit naturellement. Le second est celui du devenir des jeunes générations qui risquent de se perdre dans un ballotage entre deux cultures, celles du pays d’origine transmise tant bien que mal par la famille et celle de la société d’accueil. Le troisième est celui de la régression potentielle des transferts financiers vers le Maroc, car la charge familiale est plus couteuse dans le pays de résidence. Il en résulte un rétrécissement inéluctable de la propension à épargner et donc à transférer, chez le migrant.</p>
<p>En résumé, la migration marocaine est entrée a partir de 1970, dans une phase nouvelle caractérisée par un déficit de cohérence en matière de gestion et de séjour accompagné d’une perspective d’installation définitive, en dépit du tiraillement dans les rapports avec la société d’accueil.</p>
<p>Ceci étant, la mémoire collective a passé sous silence cette phase de la migration aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Aucune chanson, à ma connaissance, n’a raconté les péripéties de ce regroupement familial. Est-ce un paradoxe ? Peut-être pas !! Souvent le poète comme le chanteur ne trouvent leurs rimes et refrains que pour chanter la privation, l’éloignement ou la séparation de l’être élu. Ces moments de déséquilibre sentimental chez l’humain sont les facteurs principaux d’inspiration poétique qui libèrent l’imagination, délient les langues et façonnent les vers. Dans le regroupement, le cœur s’apaise, l’esprit se calme, la langue se tait et commence alors la monotonie du quotidien, entre la charge de travail, le suivi des enfants et les besoins du ménage.</p>
<p class="code">Article 08</p>
<p class="author" style="text-align: right;">Abdesselam EL FTOUH</p>
<div class="encadre"><em><sup>1</sup> Muriel Cohen : CONTRADICTIONS ET EXCLUSIONS DANS LA POLITIQUE DE REGROUPEMENT FAMILIAL EN FRANCE (1945-1984) Publié à Belin / « Annales de démographie historique » 2014/2 n°128 p. 187-123</em><em><sup>2</sup> Statistiques de la DACS pour 1982</em></p>
<p><em><sup>3</sup> 291 000 en 1972 et 704 000 en 1982 source DACS</em></p>
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